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Une pianiste professionnelle joue la syndicaliste

Une pianiste professionnelle joue la syndicaliste
 
12.11.10 - Rien ne disposait la pianiste bernoise Silvia Harnisch à jouer les syndicalistes. La concertiste, la soixantaine alerte, a pris la défense des 253 collaborateurs de l’entreprise familiale Kartonfabrik Deisswil, qui a résisté à toutes les tempêtes durant 134 ans d’existence. L’entreprise avait été vendue au leader européen du carton Mayr-Melnhof il y a vingt ans
Tout a commencé dans les premiers jours d’avril 2010. Juste après Pâques, le conseil d’administration de l’entreprise Mayr-Melnhof convoque une séance de crise. Le même jour, la région bernoise apprend par les médias que la fabrique de carton de Deisswil, en Suisse va fermer ses portes. Les collaborateurs, qui sont en vacances d’entreprise, sont sur le carreau, car la décision prend effet sur-le-champ.

Immense injustice
Lorsque Silvia Harnisch, membre de la famille fondatrice, apprend la nouvelle, son sang ne fait qu’un tour : «Le choc était immense». Devant ce qui lui apparaît comme une immense injustice, elle commence par rédiger une lettre ouverte aux dirigeants de l’entreprise, avec son frère et sa belle-sœur, dans les colonnes de la presse locale. Dans son texte, elle va jusqu’à écrire : «Comment pouvez-vous prendre une décision aussi inhumaine sans être en conflit avec votre conscience ? Un tel procédé, juste après Pâques, ne peut être béni !»

Elle fait le pied de grue
Ce qu’elle ne sait pas, c’est que les événements vont rapidement s’enchaîner. Silvia Harnisch est présente quand les collaborateurs organisent une chaîne humaine autour de l’entreprise. Devant les cinq cents manifestants et les médias, elle prend la parole, aux côtés des syndicalistes, pour critiquer la manœuvre du groupe industriel autrichien.
Impressionnés par l’engagement d’un membre de la famille fondatrice, les médias lui tendent le micro à tour de bras.
La pianiste est là aussi lorsque cent trente salariés se rendent à Vienne, à l’occasion de l’assemblée des actionnaires. 70 policiers les attendent de pied ferme. La presse autrichienne aussi. Finalement, la rencontre avec la direction se passe mal, les dirigeants autrichiens ne goûtant guère aux arguments de la délégation bernoise. La pianiste est là enfin, lorsque les plus endurants des collaborateurs manifestent sur la Place fédérale, à Berne et demandent à voir sans succès la ministre de l’Economie, Doris Leuthard.
(...)
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