L'article

Une amitié à sens unique?

Une amitié à sens unique?
 
15.11.16 - Que faire lorsqu’on s’investit dans une relation mais que l’autre ne semble pas y mettre autant d’entrain que nous ?
« Quand on initie les rencontres, qu’on invite, qu’on écrit et que l’autre ne le fait pour ainsi dire jamais, c’est un signe », explique Stéphanie, 33 ans. Le sentiment d’être les seules à entretenir l’amitié, elles sont plusieurs à le partager : « Je relance par des messages, je fais des cadeaux aux anniversaires, j’envoie des cartes postales, des vœux... mais j’ai le sentiment que si je ne fais rien, il n’y a plus de contact », raconte Annick, 41 ans.
Parfois, c’est propre à toutes les amitiés, parfois à l’une en particulier. La vérité, c’est que lorsque l’on pose la question aux femmes, elles savent en général très bien dans quelle catégorie elles se trouvent : celles qui entretiennent la relation, ou celles qui savent qu’elles font (trop) peu d’efforts.

Un coup pour l’estime de soi
Les femmes qui initient les contacts ont toutes ressenti un jour ou l’autre une forme de frustration. « A la longue, c’est usant », « cela me rend triste », « cela m’a souvent énervée, frustrée, déçue..
. », racontent-elles. Mais surtout, ce constat a amené chez chacune des questionnements de fond. Pour beaucoup, c’est l’estime de soi qui est ébranlée : Suis-je aimée ? Qu’ai-je fait pour que cela n’aille pas dans les deux sens ? Est-ce une amitié sincère ? Est-ce à cause de mon statut, de ma nationalité ? Autant de questions qu’elles confient s’être posées.
Certaines ont appris à mettre ces craintes et ces questions loin d’elles. « Après plusieurs expériences identiques, j’arrive à ne plus me sentir abandonnée, et à simplement prendre de la distance », confie Stéphanie. Annick, elle, a réalisé qu’elle devait fondamentalement décider si son estime d’elle-même dépendait du regard de l’autre ou de Dieu.

Des différences insoupçonnées
Car en réalité, si ces femmes sont les initiatrices des contacts, c’est en raison de leur type de personnalité : « Je sais que je m’approche naturellement des gens, que c’est moi qui contacte le plus », raconte Carmen, 30 ans. Une fibre, une sensibilité qu’elles partagent toutes. Une prise de conscience des différences, également culturelles, leur fait du bien. Silvia, 64 ans, raconte avoir réalisé que ses difficultés avec l’une de ses amies était une simple différence de culture et de façons de vivre l’amitié dans leurs pays respectifs.

Choisir de sauver l’amitié...
Lorsque nous constatons que nous sommes les seules à entretenir l’amitié, que faire ? Verbaliser la situation est une possibilité. « Si je tiens à la relation, je verbalise, je dis mon malaise d’être celle qui relance. Parfois l’autre en prend conscience et cela change... parfois pas », raconte Annick. « Dans une situation en particulier », explique pour sa part Amy, la trentaine, « j’ai discuté avec mon amie sur ce que nous souhaitions pour notre amitié et nous avons décidé ensemble d’y travailler. Cette amitié était précieuse pour nous, nous ne voulions pas la perdre, mais j’ai eu besoin de savoir que j’avais de la valeur pour elle. Si je sais cela, cela ne me gêne pas ensuite de fournir plus d’efforts dans la relation. » « Je dois me positionner », résume Annick. « Si je décide que je tiens à cette amitié, j’investis et j’accepte ce rôle. »

... ou bien de la laisser s’étioler
Parfois aussi, certaines ont choisi de laisser partir ces amitiés. Lorsque le constat du sens unique se fait trop douloureux, que les discussions et la patience n’y ont rien changé, beaucoup ont ressenti que l’amitié touchait à sa fin et qu’une saison était terminée. « J’ai vécu cela deux fois en particulier », raconte Carmen. « Après de terribles va-et-vient dans une relation qui m’amenait plus de peine que de joie, j’ai décidé de couper les ponts. » Le besoin d’une amitié sincère et d’être également celle qui reçoit est indispensable : être celle qui entretient l’amitié est une chose, ne rien en retirer en est une autre. Beaucoup confient avoir finalement accepté ce rôle pour autant que l’amitié en vaille la peine!

Par Natacha Horton

Commander ce numéro S'abonner

Alliance Presse est un groupe de presse indépendant, spécialisé dans la presse chrétienne.

Pour accomplir sa mission d'information de façon professionnelle, Alliance Presse dépend de la générosité de celles et ceux qui apprécient ses magazines et ses sites internet.

Je manifeste mon soutien à Alliance Presse en ajoutant un don de
    
 
Une faute d'orthographe, une erreur ou un abus dans les réactions: signalez-le à la rédaction.


Pas de réactions pour l'instant: soyez le premier à réagir sur cette page.

Saisir votre réaction

Se connecter/S'inscrire pour réagir
 
Crédits
Illustration/Photo: © Alliance Presse
 

x