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«Portons secours aux femmes»

«Portons  secours  aux femmes»
 
15.05.18 - Entre 1989 et 2014, à bord des navires humanitaires Logos, Logos II et Logos Hope de OM Ships International, Deborah Meroff s’est rendue dans une centaine de pays. La journaliste et photographe a publié plusieurs livres dont le dernier, SOS : Sauvons nos sœurs (éd. CLC), est traduit en français. Entretien.
Vous étiez bibliothécaire de métier. Qu’est-ce qui vous a conduite à enquêter sur la condition de la femme en tant qu’objet de discrimination, d’injustice sociale et d’abus?
J’étais auteure avant de devenir bibliothécaire. Dans mes deux premiers livres, j’ai publié des biographies de femmes ayant changé leur monde envers et contre tout. Lorsque je suis devenue journaliste, je me suis trouvée dans une position où je pouvais enquêter sur la condition réelle des femmes et des jeunes filles à risque. Informer le monde de leur situation était le résultat naturel de mon activité sur le plan international.

Les situations que vous décrivez dans votre dernier livre sont terrifiantes. Comment restez-vous positive malgré tout?
SOS : Sauvons nos sœurs est en fait extrait d’un live plus complet dont les témoignages me donnent de l’espoir. Au fil des années, j’ai pu observer combien les femmes de foi font une énorme différence dans des circonstances extrêmement difficiles.


Les pays occidentaux apparaissent souvent dans votre livre. Comment une Europe moderne peut-elle tolérer des pratiques telles que la traite d’êtres humains?
La traite d’êtres humains -le commerce et l’abus de personnes vulnérables- continuera tant qu’elle restera l’une des entreprises les plus organisées et rentables du monde. En Europe, les frontières entre les pays étant très perméables, ce commerce est simplifié. La mise en place de mesures contre la traite d’êtres humains et de nouvelles lois pour protéger celles et ceux qui ne peuvent pas se défendre reste très insuffisante. Par ailleurs, l’influence de l’Eglise diminue en Europe et de moins en moins de chrétiens sont disposés à être des agents du changement.

Justement, à la fin de chaque chapitre, vous encouragez le lecteur à réagir. Qu’en attendez-vous?
Je suis certaine que les femmes chrétiennes bénéficient d’une position stratégique simplement du fait qu’elles connaissent le Dieu de l’impossible. Ne sous-estimons pas la puissance de la prière ! Elle peut conduire à des actes pratiques : l’information du public, le soutien d’efforts en faveur d’une législation juste et humaine, l’accompagnement de personnes vulnérables ou même l’aide personnelle apportée aux survivants. Pour citer Mère Teresa, je dirais que « nous savons bien que notre action n’est qu’une goutte dans l’océan. Mais si cette goutte n’existait pas, il manquerait quelque chose à l’océan. »

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Imposer le christianisme ou respecter les cultures locales?
« Le christianisme a souvent été maladroit dans ses relations avec d’autres cultures. Toute tentative d’imposer une façon de vivre sans respecter l’autre est mauvaise, y compris remplacer une religion par une autre. Que ce soit l’islam par le christianisme ou vice versa. Cependant, lorsqu’une doctrine religieuse méprise les Droits humains tels que définis par les Nations Unies, nous ne pouvons pas agir comme si la situation n’existait pas. Il est de la responsabilité de chaque personne, peu importe sa situation ou son origine culturelle, d’agir contre les abus et l’exploitation. Les convenances politiques ne devraient jamais empiéter sur la protection d’une vie humaine. »

Comment reconnaître une victime de traite dans mon entourage?
« Les victimes nous sont généralement invisibles. Demandons à Dieu de nous ouvrir les yeux. Ensuite, apprenons à reconnaître les indices : des gens qui ont l’air inquiet, anxieux ou déprimé; qui n’ont pas la liberté de circuler comme ils le souhaitent, qui ont des horaires de travail excessifs ou qui croulent sous d’énormes dettes. Ils racontent parfois des histoires de vie qui manquent de cohérence et refusent de préciser leur adresse. Souvent ils ne connaissent rien de la ville où ils habitent. » D’autres informations sont disponibles en rapport avec la Journée européenne de lutte contre la traite des êtres humains (18 octobre).

 

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