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Mère et fille: meilleures ennemies?

 
26.02.10 - Lorsque la fille passe de l’adolescence à l’âge adulte, la transition n’est pas toujours un long fleuve tranquille pour mère et fille. Qu’est-ce qui est ébranlé chez la première ? Que revendique la seconde ?
Et comment opérer le virage en douceur ? Enquête
Le fameux lâcher-prise. Si un mot devait résumer l’enjeu de la transition adolescence-âge adulte pour une mère et sa fille, ce serait celui-ci. Dans la relation mère-fille cohabitent bien souvent les sentiments les plus variés. «On dit que c’est la première histoire d’amour intense et affectionnelle», commente la psychologue et médiatrice familiale Lidia Zeller, du Centre JanzTeam à Delémont. L’enjeu de cette relation : couper le cordon, permettre à la fille de prendre son envol et surmonter les crises d’un côté et de l’autre.

Besoin d’air
«Je commençais à avoir d’autres idées qu’elle sur certains sujets», confie Cléa, vingt-cinq ans. «Je ne lui demandais plus toujours son avis avant de prendre une décision ou prenais une décision contraire à ce qu’elle me conseillait», confirme Débora, vingt-six ans. Besoin d’air et d’autonomie, expliquent les jeunes femmes en se replongeant à l’époque de leur adolescence. Ce passage obligé, «c’est le temps d’affirmation de soi de la jeune fille, qui prend son autonomie affective et relationnelle», explique Lidia Zeller. Une démarcation dans les opinions et choix de vie précède toujours la prise d’indépendance plus concrète que représentent un déménagement ou l’entrée dans la vie professionnelle. «Ce temps s’accompagne aussi d’un deuil, d’un renoncement à l’enfance. Pour la fille, c’est une période lourde et complexe», continue la thérapeute.


Mais qu’y a-t-il de si particulier à la relation mère-fille ?
Plus jeune, la fille s’identifie à sa mère, «une étape essentielle dans la construction psychique de l’enfant», souligne Lidia Zeller. Plus tard, elle doit s’éloigner de sa mère pour devenir femme. Une prise de distance qui n’est guère évidente à gérer pour une maman. «Il y a des choses qu’elles n’ont pas partagées avec moi, j’aurais aimé, je suis comme ça», confie Esther, cinquante ans, mère de trois filles adultes.
La mère sent que la fille lui échappe. «Elle sait qu’elle doit la laisser faire ses propres expériences», explique Lidia Zeller, elle-même maman de deux filles adultes. «Elle aura toujours envie de la protéger et va se faire du souci». Un sentiment confirmé par plusieurs mamans : «Il faut passer par-dessus et qu’elles sachent qu’on est là quoi qu’il se passe», confie Elizabeth cinquante-trois ans et mère de trois filles adultes.

Maman pas copine
Toutes, mères et filles, n’ont pas le sentiment de rupture. Cela se fait parfois en douceur. Dans un désir de garder la complicité s’installe une relation davantage d’adulte à adulte. Débora raconte avoir rapidement développé un échange riche avec sa mère, «une relation de vis-à-vis». Esther explique avoir toujours eu ce genre de relation avec l’une de ses filles. Si ce type de relation est l’aboutissement souhaité, Lidia Zeller met en garde contre l’envie d’être «copine» avec sa fille : «La maman ne peut avoir qu’un seul rôle et c’est celui de mère !», atteste-t-elle. Certaines filles apprécient par ailleurs cette différence : «Ma maman a essayé d’être une amie pour moi mais je crois que c’est impossible», raconte Eva, vingt-neuf ans. «Les conversations avec elle sont un privilège, je n’aime pas les alourdir de mes petits problèmes quotidiens. Elle me donne du courage comme personne d’autre», continue-t-elle.
Un autre piège guette les mamans lorsqu’elles voient leurs filles grandir : la jalousie. Pour Lidia Zeller, la concurrence est uniquement le problème de la mère, qui peut avoir peur de vieillir. Lorsqu’une mère fantasme sur la jeunesse de sa fille, cette dernière va le ressentir et avoir un sentiment de «dégoût», voyant la femme et non plus la mère.
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Elles parlent de leur mère

«Réunies grâce à la foi» Isabelle, enseignante en arts plastiques, 33 ans Depuis aussi loin que mes souvenirs remontent, j’ai toujours eu une bonne relation avec ma maman. A l’entrée de l’adolescence, cependant, des événements difficiles ont perturbé cette bonne entente. Mon petit frère de six ans, handicapé, est décédé ainsi qu’une amie d’enfance, subitement. Cela a déclenché chez moi colère et rébellion vis-à-vis de Dieu et de mes parents. La relation avec ma mère en a été affectée : la confiance avait disparu et les altercations sont devenues fréquentes. Cette situation a duré jusqu’au jour où je me suis tournée vers Jésus et où je lui ai remis ma vie, mes blessures et mes incompréhensions. Avec le temps, la relation s’est améliorée. Elle s’est faite plus profonde et plus forte. On se comprenait d’un coup d’œil.
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