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Ma foi, un atout face au harcèlement sexuel

Ma foi, un atout face au harcèlement sexuel
 
17.08.18 - Harcèlement sexuel sur le lieu du travail. Le sujet est à la mode, mais le problème est vieux comme le monde et les chrétiennes n’y échappent pas. Catherine Wüthrich, directrice de la Formation européenne de relation chrétienne envers les personnes (sexuellement) abusées (FERACPA), nous livre quelques pistes de réflexion.
Comment distinguer entre flirt et harcèlement sexuel?
Le flirt est une tentative de rapprochement. Si la femme dit «non», l’autre (homme ou femme) comprendra et respectera. Dans le cas du harcèlement sexuel, le refus ne sera pas entendu pour diverses raisons (par exemple, si pour le harceleur, «non» signifie «oui» ou s’il ne supporte pas d’être rejeté).


Lorsque le harcèlement sexuel représente un enjeu en matière d’évolution professionnelle, comment réagir?
Concrètement, il s’agit d’une situation de tentation. Quel prix suis-je prête à payer pour obtenir ce nouveau poste? Mon évolution professionnelle est-elle devenue un objectif qu’il me faut atteindre coûte que coûte? La réaction de la foi consistera à avoir confiance que Dieu ouvrira les portes qui doivent l’être pour moi, car il est tout-puissant.

Une femme fragilisée par des abus peut-elle plus facilement devenir une cible de harcèlement sexuel?
Oui, mais seulement dans la mesure où elle n’est pas encore guérie. En effet, une fois qu’elle découvre que son corps lui appartient, elle apprend à se respecter et à exprimer un avis («Je n’aime pas ce comportement, je ne suis pas à l’aise»). Elle retrouve son intégrité physique et son image d’elle-même.
Autre avantage à la guérison, la capacité de ne pas confondre gentillesse et sexualité et de comprendre que la relation sexuelle n’a de place que dans le cadre du mariage. Souvent, il s’agit de réveiller une saine colère chez cette femme afin qu’elle puisse repérer l’injustice, mettre des mots sur ses émotions, et agir plutôt que réagir. Cette colère-là est l’antidote de l’impuissance.

Si un flirt s’est mué en harcèlement, comment faire «machine arrière»?
Tout d’abord, il faut «écouter ses tripes». Ensuite, il s’agit de regarder l’autre en face en lui transmettant le message suivant: «Je reconnais que j’ai manqué de sagesse et de prudence. Je regrette de ne pas avoir été claire, mais il est hors de question que j’aille plus loin.» L’étape suivante consiste à vraiment couper les liens, à ne plus répondre aux sms, aux appels et aux mails personnels, etc. Puisqu’il s’agit ici du contexte professionnel, il est nécessaire de réduire les contacts au minimum. Il faut apprendre à agir de façon drastique.

De quelles ressources supplémentaires dispose une femme chrétienne par rapport à ses collègues?
Elle a sa foi. Ainsi, elle dispose de la Bible dans laquelle puiser les valeurs éthiques et des principes. Elle y trouve aussi des promesses sur lesquelles s’appuyer, telles que «Je puis tout par celui qui me fortifie» ou «Le Seigneur est ma force». Par ailleurs, se sachant enfant de Dieu, elle peut faire usage du discernement que lui communique le Saint Esprit, notamment pour reconnaître les puissances spirituelles nocives qui se manifestent chez le harceleur et pour agir en conséquence.
En plus de la prière qui lui permet de faire appel à Dieu, elle peut également partager ses besoins avec d’autres qui sauront à leur tour prier pour elle et la soutenir par leurs conseils et encouragements.

Propos recueillis par Rachel Gamper

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Si l’employeur ou le collègue harceleur est «chrétien», comment gérer la situation?

«L’important, c’est de ne pas rester dans les "non-dits" ou le silence, quitte à se faire accompagner d’une personne de prière et de confiance pour s’expliquer avec le harceleur. Si cette démarche demeure insuffisante, un supérieur doit être averti. On donne ainsi l’occasion au harceleur de mettre sa vie en ordre pour qu’il ne pense pas à tort que ses actions ne portent pas à conséquence, tant dans sa vie, dans celle de sa famille, dans son Eglise ou en rapport avec l’employeur pour lequel il travaille, notamment au niveau spirituel. Croyons que la guérison est possible, sans hésiter à faire appel, le cas échéant, à un accompagnement thérapeutique, et surtout sans oublier que Dieu promet de nous accorder sa sagesse si nous la lui demandons.»
 

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