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Les médicaments: amis ou ennemis?

Les médicaments: amis ou ennemis?
 
15.11.16 - Interview de Martine Tanner, médecin généraliste.
Certaines personnes prennent un médicament lorsqu’elles sentent un début de mal de gorge. D’autres attendent d’avoir vraiment mal pour s’auto-médicamenter. D’où viennent ces différences ?
Effectivement, on rencontre des gens qui prennent constamment des médicaments et d’autres qui les évitent.
Certaines personnes préfèrent prendre un médicament que de se questionner sur leur mode de vie. Par exemple, une manière d’approcher le problème du diabète chez une personne obèse est de revoir son style de vie (alimentation, exercices).
Parmi ceux qui ne veulent pas en prendre, j’entends souvent cette croyance erronée : leur corps va s’habituer et le médicament ne va plus agir. Cela peut arriver si l’on prend tous les jours du Dafalgan pour des maux de tête. Mais ce n’est pas le cas pour un médicament contre le diabète ou l’hypertension. Il n’y a pas d’accoutumance. Autre cas de figure, une personne qui prend un anti-dépresseur sur une longue durée peut avoir l’impression que son efficacité diminue, mais en fait c’est elle qui ne se souvient plus de son état de départ.
On trouve aussi un certain public qui estime que les médicaments sont dangereux car « non-naturels ». Ces personnes se tournent généralement vers des médecines parallèles. On pourrait également évoquer des questions d’éducation...

De manière générale, quelle attitude faudrait-il adopter face aux médicaments ?
S’auto-médicamenter n’est pas un souci, mais il faut agir avec prudence. Mon conseil : ne pas se fier aux publicités, souvent mensongères, et faire très attention aux informations publiées sur internet où l’on trouve tout et n’importe quoi alors qu’on n’est pas équipé pour faire la différence ! Manger de tout, c’est probablement le meilleur des fortifiants, et mieux vaut boire un jus multi-fruits qu’avaler une pilule !
Je remarque que notre comportement face aux médicaments est assez irrationnel. L’un de mes patients a trop de pression, du diabète, du cholestérol et travaille soixante-dix heures par semaine. S’il bougeait plus, perdait un peu de poids et levait le pied au travail, il n’aurait besoin que d’un seul médicament au lieu des trois que je lui prescris. Mais il refuse. Par contre il fait des cures de soi-disant fortifiants ou détoxifiants en hiver et presse de la racine de gingembre dans son thé!

Sandrine Roulet

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