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La petite fille au napalm

La petite fille au napalm
 
22.08.19 - Prise en 1972, la photo de la Vietnamienne Kim Phuc Phan Thi a fait le tour du monde. Depuis 1997, cette fillette devenue chrétienne s’engage comme ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO. Sa fondation a créé plusieurs écoles, orphelinats et établissements médicaux. Son action lui a valu le Prix de la Paix de Dresde en février dernier. Entretien exclusif avant sa visite européenne du 1er au 4 octobre 2019.
Quelle a été votre réaction lorsque vous avez découvert que votre corps nu était révélé au grand jour?
J’ai découvert la photo pour la première fois lorsque je suis rentrée chez moi après quatorze mois d’hospitalisation. Quelle honte! Je souffrais terriblement des brûlures, je détestais l’allure de mon corps, et voilà qu’en plus tout le monde me voyait nue!
Mais à la suite de la naissance de mon premier enfant en 1994, je regardais sans cesse ce cliché et je me suis dit: il me faut absolument faire quelque chose pour protéger mon bébé ainsi que tous les enfants du monde. Du coup, cette photo est devenue une force puissante pour la paix. Mais j’ai encore la larme à l’œil chaque fois que je la regarde...

Votre souffrance ne vous a-t-elle pas révoltée contre Dieu?
Lorsque le régime m’a empêchée de poursuivre mes études (cf. encadré), je me suis réfugiée dans la bibliothèque à Saigon.
J’y ai découvert un Nouveau Testament, que j’ai dévoré. Elevée dans la foi Cao Dai (ndlr. une secte vietnamienne constituée de plusieurs divinités), j’ai été interloquée en lisant cette parole de Jésus: «Je suis le chemin, la vérité, et la vie» (Jn. 14, 6). Etait-il possible qu’il n’y ait qu’une vérité unique?
J’ai finalement compris que Jésus était mort sur la croix pour mes péchés, tout simplement parce qu’il m’aimait. Aucun autre dieu n’était mort pour moi! J’ai commencé à prier Dieu seul, au nom de Jésus. Ma famille n’a pas du tout apprécié et j’ai subi pas mal de pressions. Mais vingt-deux ans plus tard, mes parents ainsi que tous mes frères et sœurs avaient eux aussi accepté le salut en Jésus-Christ seul.

Comment un Dieu d’amour permet-il tant de barbarie dans le monde?
Je me suis longtemps posé moi-même cette question. Mais aujourd’hui, j’estime qu’accuser Dieu, c’est comme se faire frapper par son voisin et s’emporter contre Dieu. Pour moi, lorsque Dieu a créé Adam et Eve, il ne les a pas préprogrammés au bien. Au contraire, il les a laissés libres de leurs choix. Ainsi, dans mon cas, ce sont des humains malveillants qui ont choisi d’inventer et de larguer du napalm, ce n’est pas Dieu.
(...)
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Crédits
Illustration/Photo: © © The Kim Foundation International
 
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Après la photo...

Nick Ut, le photographe qui obtiendra l’année suivante le Prix Pulitzer pour ce cliché, emmène immédiatement Kim Phuc, inconsciente, aux urgences. Contre toute attente, après quatorze mois d’hospitalisation et dix-sept opérations, la jeune fille rentre chez elle. Lorsqu’à 19 ans Kim Phuc entame des études de médecine, le régime découvre que son histoire peut servir de propagande anti-occidentale, l’obligeant à s’absenter des cours.
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