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Il m’aime, mais ne veut pas de mon Sauveur

Il m’aime, mais ne veut pas de mon Sauveur
 
15.05.18 - Etre tiraillée entre deux amours alors que son horloge biologique fait inlassablement tic-tac, voilà qui n’est pas simple. Mise en perspective.
«Quand j’étais adolescente, je m’étais fait un planning: juste après mes études, je me marierais et j’aurais un enfant. Puis deux ans après viendrait le second. Mais rien ne s’est passé comme prévu», raconte Séverine. Issue d’une famille chrétienne, elle a d’abord cherché quelqu’un avec qui partager sa vie au sein des Eglises de sa communauté.
Sans succès. «L’âge avançant, on éprouve le besoin d’élargir son cercle», explique-t-elle.

Un monde de couples
Nombreuses semblent être les jeunes femmes qui, à l’approche de la trentaine, vivent un célibat contraint faute d’avoir trouvé l’âme sœur dans les rangs bien connus de leur communauté. La question prend une nouvelle dimension quand, passés les trente ans, elles craignent que leur désir d’enfant ne se réalise pas. Comment faire face à une solitude subie, dans un monde rempli de et conçu pour les couples? Peut-on élargir sa recherche de l’être aimé en dehors des bancs de l’Eglise sans risquer de se perdre soi-même?
Après une dizaine d’années de célibat, émaillées de relations qui n’ont pas duré, Emilie en est venue à pousser plus loin encore son questionnement: «La volonté de Dieu pour moi est-elle que je ne me marie pas?» Sa rencontre avec Nicolas fera pencher la balance côté vie de couple mais aujourd’hui encore, les enjeux liés à la parentalité continuent de faire débat: quand elle aimerait amener leur fille à l’Eglise, lui voudrait partir en promenade, et si leur fille manifeste la moindre contrariété à l’idée de sortir pour aller au culte, papa préfèrerait nettement que maman n’insiste pas. «Par nature, les questions d’éducation font débat. Des désaccords sur la pratique religieuse ajoutent aux difficultés», reconnaît Emilie.

Chrétien, mais pas seulement
Entre chrétien et non-chrétien, ce n’est pas seulement une différence d’opinion qui s’exprime mais également des façons d’envisager l’avenir, d’interagir avec les autres, de gérer petits ou grands soucis. Autant de sujets indispensables à aborder avec la personne qu’on aime avant de s’engager ensemble pour la vie.
Léa, trentenaire et célibataire, rappelle toutefois que «trouver un conjoint chrétien n’est pas une fin en soi, il ne faut pas éluder les critères de personnalité». Elle reconnaît cependant que certains aspects du quotidien pourraient être compliqués si elle rencontrait quelqu’un qui ne partage pas sa foi. Une foi qu’elle tient à garder au centre de son existence. Elle a donc choisi de mener une vie active et bien remplie plutôt que de rester dans l’attente du prince charmant.
«Partager sa vie avec un chrétien n’est ni une panacée ni un gage absolu de bonheur», raconte Emilie qui s’est beaucoup investie dans une relation avec un garçon de sa communauté avant d’essuyer une grande déception. Néanmoins, lorsque les deux partenaires partagent un socle commun de convictions et de valeurs, ils ont de grandes chances d’inscrire leur projet dans la durée.
La diversité des situations ôte à toute recette son goût d’absolu. Elle montre aussi à quel point il est important de ne pas foncer tête baissée, sans avoir abordé les questions essentielles avec son futur conjoint -à savoir celles qui dérangent.

Par Claire Bernole

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Quelques défis potentiels

1. L’éducation des enfants. Pour préparer l’avenir, n’évitez pas les questions: mon conjoint accepte-t-il que je transmette ma foi? Eventuellement, que j’amène l’enfant à l’Eglise chaque semaine? Si ce n’est pas le cas, suis-je prête à l’accepter?

2. Le soutien du conjoint non-chrétien. Il peut être inexistant à l’égard de certaines activités (d’Eglise, par exemple) ou différent de ce qu’on aurait souhaité. Prier ensemble est rarement possible. Cela ne risque-t-il pas de me manquer pour faire face aux événements de la vie?

3.La place de la confiance en Dieu. Devant les difficultés, une attitude de foi peut paraître incompréhensible au conjoint non-chrétien, qui pourra alors en retirer l’impression que l’autre ne s’investit pas autant que lui dans la recherche de solutions. Cela peut-il devenir un sujet de tensions pour le couple ou de souffrance pour soi?

4. Le rythme de vie. Au fil des années, le temps consacré à l’Eglise (ou a contrario, aux loisirs tels que la pêche ou le sport) et en particulier le rythme du week-end peut être pesant pour l’autre conjoint. Quelles sont ses limites? Suis-je au clair sur ce qui est négociable ou pas pour moi?

 

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