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Fuir? Attaquer? Il existe une troisième voie...

Fuir? Attaquer? Il existe une troisième voie...
 
15.02.19 - Fuir ou attaquer: n’y a-t-il pas d’autres façons de gérer les conflits? Le point avec Catherine Jaquet, spécialiste en accompagnement thérapeutique et réinsertion socio-professionnelle.
D’où nous vient cette tendance, en cas de conflit avec une personne, soit de fuir, soit d’attaquer?
Ce qui nous pousse à attaquer, fuir, ou à nous taire lors d’une situation de conflit, ce sont nos peurs qui prennent le dessus et dictent nos réactions. Notre éducation influence également notre manière de vivre les conflits, selon qu’ils sont considérés comme constructifs ou non, ou bien des situations à accepter ou plutôt à éviter.
Pour certains chrétiens, le fait d’être en conflit peut être malheureusement perçu comme le reflet d’un manquement dans sa vie spirituelle.
Pourtant, mettre des mots sur un désaccord et être capable de comprendre un point de vue différent du sien sans se sentir blessée serait plutôt signe de profondeur spirituelle...

Lorsque je ne suis pas d’accord avec une personne ou que je me sens heurtée par son comportement, quel est le premier réflexe à avoir?
Dans ce type de situation, il serait judicieux de se donner les moyens de rencontrer l’autre en personne, en évitant si possible les mails, les SMS, voire même les appels téléphoniques. Cela permet d’exprimer ce qui a été mal vécu et de chercher à réellement écouter le point de vue de son interlocuteur, sans se poser dans le rôle de victime.
Ne rien dire, c’est prendre le risque d’accumuler en soi des expériences et des propos mal digérés. Tôt ou tard, ceux-ci seront exprimés avec un taux élevé de tristesse et de colère qui pourront même se transformer en rejet de son interlocuteur. Car lorsque les frustrations ne sont pas exprimées, elles peuvent conduire à la méfiance vis-à-vis de cette personne à tel point que ses propos seront déformés par le conflit larvé.

Comment sortir du schéma «fuite/attaque»?
Ne pas attendre que l’autre vienne vers nous puisqu’il/elle «aurait dû voir ou comprendre» que nous avons été blessée ou heurtée par son attitude ou ses propos. Il s’agit de se responsabiliser en se fixant pour objectif de tout faire pour maintenir une relation saine. Il ne s’agit ni de chercher à convaincre l’autre ni de vouloir à tout prix défendre son point de vue, mais de l’écouter tout en exprimant la façon dont nous avons vécu la situation.

Au final, quelles sont les stratégies essentielles pour gérer sainement un conflit?
Il me semble que notre identité de chrétienne devrait nous conduire à identifier tout ce qui, dans notre vie, est source de souffrance, clarifier la situation, demander à Dieu de nous guérir, et le cas échéant, chercher conseil auprès d’une personne compétente.
Par ailleurs, acceptons de reconnaître les dons, talents et capacités que les autres voient en nous. Ceux-ci nous sont donnés par Dieu afin que nous ayons une saine estime de nous-mêmes. Etant confiante en notre identité, nous pourrons mieux vivre la différence de l’autre sans nous sentir attaquée.

Propos recueillis par Sandrine Roulet

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