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A la fois au foyer et fabuleuse!

A la fois au foyer et fabuleuse!
 
13.02.17 - Depuis le lancement du blog et du livre Il y a une Fabuleuse dans chaque foyer (éd. Première Partie), Hélène Bonhomme est saluée pour son approche décomplexée et humoristique des défis de la maternité. Entretien.
Pourquoi avez-vous choisi «Fabuleuses» pour désigner les femmes?
Je cherchais un adjectif commençant par «F» pour faire une allitération avec «Femme au Foyer». Et c’est mon mari qui a trouvé «Fabuleuse». Bien sûr, il y a de l’ironie dans ce mot: on n’est pas des princesses qui font tout comme il faut. Mais qui dit «fabuleuse» ne veut pas dire «parfaite»: cet adjectif a un petit côté conte de fée. Il évoque plutôt ce qu’on est que ce qu’on fait. Notre message avec «Fabuleuse» est la bienveillance envers soi-même. Si on se réconcilie avec la fabuleuse en nous, on pourra se détendre et progresser. On a été créées fabuleuses et c’est à nous de nous en rendre compte !

Vous avez vécu l’arrivée de vos jumeaux comme un tsunami. Quel impact cela a-t-il eu sur vous?

J’ai eu le sentiment que ma vie ne m’appartenait plus. Tout ce qui paraissait normal devenait un parcours du combattant: aller au parc, à l’Eglise,... D’un côté, je me sentais très seule avec mes enfants. D’un autre, j’aurais tout donné pour avoir du temps toute seule. J’ai aussi jalousé mon mari, qui récoltait les fruits de l’entreprise que nous avions lancée ensemble. Dans le monde du travail, on voit ce que vous faites. Devenue mère, personne n’était là pour m’applaudir ou me comprendre. J’ai aussi vécu une forme de déception de ne pas être une super mère. J’avais la vie de rêve avec un mari et des enfants, et je n’étais pas contente. Cela me faisait culpabiliser.

La société ne valorise pas le rôle de femme au foyer. Comment les mères peuvent-elles revaloriser leur propre travail?
Le regard des gens est à la fois émerveillé, car être mère est magnifié, mais aussi difficile à soutenir. Plutôt que d’attendre que les autres changent de regard sur nous, commençons par le faire nous-mêmes. Posons-nous cette question: pourquoi a-t-on fait ce choix de rester au foyer? Pour des raisons financières? Pour répondre aux attentes? Par sentiment de ne rien savoir faire d’autre? Pour passer du temps avec son enfant  Cette réflexion nous aidera à retrouver confiance et fierté.
Le vocabulaire qu’on utilise est également important. Si on nous demande ce qu’on fait dans la vie, pourquoi ne pas répondre qu’on est fabuleuse au foyer, gestionnaire du bien-être familial, etc.

Pourquoi les mères ont-elles tendance à se mettre de la pression pour être parfaites?
On est la génération «contraception»: si on a des enfants, c’est qu’on les a désirés. Parce qu’on les a désirés, on doit «les réussir» comme on réussit sa carrière... On est entré dans une ère de la performance, y compris dans le domaine de la maternité. Mais être mère, c’est une relation et l’humain ne se contrôle pas. Nous voulons à la fois être des mères présentes et des femmes épanouies dans notre travail. On oublie que la vie est faite de saisons et on s’épuise. Nos enfants n’ont pas besoin que tout soit parfait à la maison. Notre génération se compare aussi beaucoup, surtout par les réseaux sociaux: on voit le foyer bien rangé des autres, l’enfant de la voisine qui sait déjà lire, etc.

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Votre passage biblique préféré?
« Garde ton cœur plus que toute autre chose » (Prov. 4, 23). En tant que maman, j’ai appris que ce qui compte n’est pas l’état de ma maison, mes circonstances, mes relations, mais l’état de mon cœur. Quand je me sens dépassée, je prends un moment pour moi, pour prier, lire, écouter de la musique... car ensuite, je fais mieux mon boulot.

La scène biblique à laquelle vous auriez voulu assister?
La scène où Jésus a mangé chez Marthe et Marie, car je me serais reconnue en Marthe. Elle se plaint à Jésus d’être seule. Quand on est perfectionniste, les gens se détournent de nous car on devient exigeante. J’aurais été émue par le regard de Jésus, qui a dû la calmer et l’inviter à s’asseoir avec lui.

Votre plus grande tentation?
Croire que si je m’arrête, le monde s’arrêtera de tourner.
 

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